Avec “Ouvert la nuit”, les trois auteurs américains Jessica Abel, Gabe Soria et Warren Pleece proposent une jolie variation sur le thème
du vampire, assez éloignée de l’imagerie traditionnelle du mythe du vampire popularisée Bram Stocker, Bela Lugosi, et autre Christopher Lee. Ici le vampire est
moderne, s’habille en jean, travaille dans un drugstore… bref, il a une vie très banale.
Dave est un jeune vampire adolescent qui n’était pas vraiment fait pour connaître ce type de destin (étant au départ végétarien) mais qui a eu la malchance de se faire mordre par Radu, son employeur au moment où il venait pour se faire embaucher dans son épicerie, le “last stop”. Résultat, Dave est condamné à travailler la nuit et à dormir le jour. Une situation qui va lui permettre de rencontrer des jeunes gothiques et notamment la jolie Rosa dont il va vite tomber amoureux.
Avec ce comic au ton très particulier, tout l’art des scénaristes est d’avoir su associer comédie romantique et vampirisme dans un univers
contemporain qui rappelle un l’ambiance mélancolique de Daniel Clowes ou encore Adrian Tomine. Le scénario se révèle plutôt intéressant, notamment dans
l’attitude de Dave qui a du mal à accepter sa condition de vampire lui qui au départ est plutôt attiré par les céréales au lait que par une bonne rasade de sang frais.
Bref, Tout ça est très original, très divertissant, bien dessinée et se distingue surtout par une utilisation des couleurs très réussie. Une belle découverte chez un éditeur pas vraiment
spécialisé dans le genre.
Ouvert la nuit
Scénario : J. Abel, Gabe Soria
Dessin : Warren Pleece
182 pages quadrichromie - 17 €
parution : 21 mars 2008
A
première vue, on ne pensait pas que les comédies romantiques en bande dessinée de Jean-Philippe Peyraud avait grand chose à voir avec les polars de Marc Villard,
et pourtant la rencontre a eu lieu, la sauce a prise et le résultat donne un recueil de nouvelles dessinées très réussi, qui se dévore d’une traite et qu’on a envie de conseiller à tout le
monde.
Ce n’est pas la première fois que Marc Villard s’acoquine avec des auteurs de BD. On se souvient que son roman “Rouge est ma
couleur” avait été adapté par Chauzy, et qu’il a participé à l’écriture de “La Nuit de l’alligator” de Loustal et Paringaux.
Pour cette nouvelle collaboration, le dessinateur Jean-Philippe Peyraud (”Premières chaleurs”…) a puisé dans les nouvelles autobiographiques de Marc Villard pour
en ressortir en une vingtaine de séquences qui, misent bout a bout, dressent un portrait drôle et attachant de cet auteur de série noire.
Mis en scène dans son quotidien, au boulot, en compagnie de sa femme et de son fils, en tournée à travers la France, chez son psy… mais aussi dans des souvenirs de jeunesse, Marc Villard est parfaitement à l’aise sous le trait de crayon souple et direct de Peyraud. Ce derneir le croque avec une certaine tendresse et nous montre un auteur névrosé, excentrique, à la mauvaise fois et à la mesquinerie la plupart de temps désopilante. Un drôlerie qui s’exprime quasiment à chaque page, par exemple quand Villard balance un grand coup de pieds dans une pile de SAS dans une grande librairie ou encore quand ce dernier, en compagnie de sa femme, accusent un pauvre libraire de province de ne pas exposer ses polars en rayon parce que Villard est juif ou encore quand ce dernier fait une fixette sur la taille de son pénis.
Tout ça pour dire que que ce livre est vrai petit bonheur de lecture, extrêmement cocasse, avec la plupart du temps un point de vue
auto-critique toujours bien vu. Un recueil de chroniques qui n’est pas sans rappeler “les Carnets” de Joann Sfar ou encore “les petits riens” de Lewis Trondheim.
Et même si celui-ci peut paraitre moins abouti, il n’en reste pas moins un objet de lecture fort recommandable.
Quand j’étais star,
Dessin : Jean-Philippe Peyraud
scénario : Marc Villard
Editeru : Casterman
Collection : Ecritures
232 pages N&B- 12,95€
Parution : janvier 2008