HOP BD

Critiques de Bandes Dessinées depuis 2006


Classement des meilleures Bandes dessinées 2007

Publié par benoit sur 1 Janvier 2008, 22:29pm

Catégories : #bdblog

01) Martin Kellerman - Rocky tome 1 [Carabas]

Véritable vedette en son pays natal, Martin Kellerman a déjà publié neuf tomes des aventures de son personnage fétiche. C’est donc tout naturellement que l’oeuvre autobiographique de ce génial auteur arrive enfin chez nous. Et franchement, il a de quoi se réjouir !  On découvre donc un jeune adulte aux allures d’ado attardé totalement irrésistible, aussi égoïste, méchant, vil, radin, profiteur et misogyne que Joe Matt… en moins torturé peut-être qui vit de petits boulots et galère pas mal, avec des plans plus foireux les uns que els autres, autant du coté du boulot, des copains que des filles. Personnage peu fréquentable et peu recommandable, Rocky s’avère pourtant, dans cette multitude de strips, totalement poilant et m’a bien fait rire tout au long du livre.



02) Harvey Pekar & Dean Haspiel - The Quitter (le dégonflé)
[panini comics]

On retrouve bien dans "The Quitter" tout ce qu’on avait aimé dans "American Splendor" et tout ce qui fait le charme du personnage, avec ici en plus le dessin en noir et blanc de Dean Haspiel, qui, à défaut d’être exceptionnel, se révèle malgré tout très agréable et finit par coller parfaitement avec le récit de Pekar. On notera également le soin apporté à l’ouvrage avec une reliure rigide de belle qualité ainsi qu’un port-folio à la fin du livre qui en un objet déjà totalement indispensable.









03) Joe Matt - Epuisé
[le seuil]

Avec ce troisième livre paru en France Joe Matt nous livre une nouvelle tranche de sa vie d’américain moyen, allant jusque dans les moindres détails, même les plus sordides. Et même si on était habitué à entrer dans l’intimité du garçon, ce nouvel épisode nous surprend encore par la disposition qu’à ce garçon à étaler son intimité aussi crûment aux yeux du monde. Bref, ce livre est un véritable régal, et comme le dit si bien l’auteur page 97 de ce livre : C’est pas une vie de se branler et de regarder des vidéos porno !













04) Jean Régnaud et Emile Bravo - Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill
[Gallimard]

Avec un ton et un trait de dessin, des couleurs qui séduisent d’emblée, les deux auteurs, amis dans la vie, ont su trouvé le ton juste et ont réussi à faire de ce moment difficile de la vie d’un enfant, une bande dessinée superbe, bouleversante, poétique, attachante, pleine de tendresse et d’humanité, mais également pleine de trouvailles aussi bien dans la construction que dans la mise en scène du récit. Découpé en 14 courts chapitres qui rappellent autant de moments forts de l’année des 6 ans du petit jean, “Ma maman est en Amérique…” est un livre qui peut se lire à n’importe quel âge. Tout plein d’anecdotes et de détails cocasses, il rappellera aux 30/40 ans leur enfance et pourra, pourquoi pas, servir de point de départ à une discussion entre parents et enfants au sujet de la mort. Quoi qu’il en soit, une grande BD du cru 2007.








05)
Martin Vidberg - Le Journal d’un remplaçant [Delcourt, coll. Shampooing]

Décidément l’école racontée en bande dessinée a la cote en ce moment. Après le sympathique "Jours de classe" du nom moins sympathique Big Ben où celui-ci nous racontait un an d’expérience au collège, voici que le jeune Martin Vidberg nous livre son expérience de classe dans un livre drôle, grave, touchant, émouvant. On va suivre Martin tout au long d’une une année scolaire qui va voir ce jeune professeur des écoles parachuté dans un IR (institut de rééducation) où les conditions de travail ne sont pas tout à fait les mêmes que dans une classe ordinaire. Devant faire face à des élèves perturbés, violents et incapables d’apprendre avec des méthodes traditionnelles, et à un système pas vraiment taillé  pour appréhender ce genre de problème, notre instit va tenter de mettre en place des situations d’apprentissages adaptées ainsi et favoriser des activités valorisantes pour ces élèves. Un  Journal qui s’avère captivant du début à la fin, et qui a le mérite d’apporter un éclaircissement nouveau sur ce que peut-être aussi le métier d’instituteur aujourd’hui.




06) Catel & Bocquet - Kiki de Montparnasse


Dans ce portrait attachant et très documenté, on sent que les auteurs sont tombés sous le chambre de cette femme frivole, gouailleuse et un peu trop libre pour l’époque.
Et comment aurait-il pu en être autrement au regarde de cette vie bien remplie, d’une richesse incroyable, dans une époque pleine d’insouciance et milieu dédié avant tout à l’expression artistique. Une vie trépidante, pleine d’excès, menée à 100 à l’heure et dont on retiendra d’abord cette photo désormais classique de Man Ray où elle est assise et dont le dos nu est assimilé à un corps de violoncelle. Il arura donc fallu pas moins de 370 pages à nos deux auteurs pour compter les mille et unes facéties de Kiki de Montparnasse dans un livre à la fois, amusant et bouleversant, qui se veut aussi le témoignage d’une page de notre histoire culturelle.





07) Happy living, de Jean-Claude Götting
[Delcourt, coll. Mirages]

Avec ce magnifique récit en noir et blanc, dessiné d’un trait de charbon noir et épais, Jean-Claude Götting nous transporte du côté de la Californie, Hollywood, et nous embarque dans un voyage en forme d’enquête policière, plein de rebondissements, qui voit notre journaliste se transformer en véritable détective privé. Et si “Happy living” se déguste comme on regarde un bon vieux polar en noir et blanc c’est sans doute grâce à cette ambiance rétro, à ce côté grand film en cinémascope si bien restituée dans un livre où l’on ne perd pas une miette de ce qui nous est offert en un peu plus de 130 pages. Un vrai régal !








08) Pierre Dragon & Frédérik Peeters - RG tome 1, Riyad-sur-Seine
[Gallimard, Coll. Bayou]



RG est un livre d'où se dégage de suite une ambiance très cinématographique, très noire, propre au polar. On découvre ainsi des hommes aux vies pas toujours très drôles qui ne semblent vivre pour l’action et pour l’adrénaline que procure le travail de terrain. Comme tout récit nous plongeant dans un milieu secret, la lecture se révèle captivante et on attend déjà la parution du tome 2 qui devrait nous conduire sur les traces des filières d'immigration clandestines.










09) Sylvain Savoia & Merzena Sowa - Marzi tome 3 
[Dupuis, Coll. expresso]

Marzi c’est un peu la Marjane Satrapi polonaise. Dans les trois tomes déjà parus, Marzena Sowa, l’auteure, nous raconte, du point de vue de l’enfant qu’elle était, l’histoire de son pays natal, la Pologne, dans les moindre détails, nous offrant ainsi un éclairage pertinent sur l’histoire du communisme au pays de Jean-Paul II et de Lech Valesa, qui font d’ailleurs leur apparition à la fin du livre. Des rationnements d'essence aux étals vides des magasins, de la difficulté de vivre au quotidien sous un régime autoritaire aux histoires de copines, Marzena Sowa parvient à équilibrer parfaitement son récit, en mêlant les préoccupations d’une enfant de 8 ans (les poupées, les rivalités entre copines…) à la situation politique qui règne dans un pays proche du chaos.
 Bref c’est typiquement le genre de bande dessinée à la fois instructive et distrayante, que l’on peut lire avec ses enfants sans jamais s’ennuyer.





10) Frédéric Fleury - C'est triste
[L'Employé du Moi]

A travers ce livre, Frédéric Fleury nous parle de sa vie de jeune père, chômeur, avec toujours cette capacité à rendre les choses les plus banales vraiment très drôles et parfois même totalement délirantes et surréalistes. Des carrés de poissons qu’il a voulu faire sauter comme des crêpes, à son profil “myspace” où il a mis une photo de Gérard Jugnot avec des cheveux, en passant par ses souvenirs quand il était enfant (ah, les terribles pantalons en tergal !), Frédéric Fleury nous régale de situations plus décalées les unes que les autres, faites de ces “petits riens” de tous les jours avec un vrai talent et tout ça dans un style dépouillé, voire minimaliste, mais pour le coup absolument pas gênant. La bonne surprise de cette année 2007 !



Nous sommes sociaux !